Pourquoi réfléchir à deux fois avant de partir en VAE
Le vélo électrique est royal pour le vélotaf… mais en cyclotourisme, la donne change. Sur plusieurs jours, ce sont la simplicité, la fiabilité et le poids qui comptent.
Et là, le VAE montre vite ses limites. Voici un tour d’horizon clair.
⚠️ Au quotidien, je roule principalement en vélo électrique. Les enjeux (arriver à l’heure, sans transpirer, récupérer des courses lourdes, transporter les enfants aux activités,etc) changent totalement la donne. Bref, je ne suis pas du tout anti-vélo électrique. L’article concerne uniquement la partie voyage/cyclotourisme
Ce qu’il faut retenir
• Sur terrain plat, le moteur ne sert quasiment à rien.
• La batterie est lourde, encombrante et à recharger chaque soir.
• Les pannes électroniques sont difficiles à gérer en voyage.
• Poids total trop élevé (35 à 40 kg avec bagages).
• Risque de vol et coûts bien plus importants qu’avec un vélo classique.
• Voyager léger reste la meilleure manière de profiter du cyclotourisme.
1) Sur terrain plat, l’assistance n’apporte presque rien
Quand on pense au vélo électrique, on imagine tout de suite une aide précieuse pour grimper les côtes. Mais en cyclotourisme, la réalité est bien différente : la plupart des grands itinéraires sont plats et roulants.

Prenons des exemples connus : la Loire à vélo, le canal du Midi ou encore l’EuroVelo 6. Ce sont des parcours accessibles, avec peu de relief. Dans ces conditions, l’assistance électrique ne change pas grand-chose : on roule déjà facilement à 20 km/h avec un vélo classique bien réglé.
Le problème, c’est que cette assistance inutile a un coût : vous transportez un vélo plus lourd de 7 à 10 kilos par rapport à un vélo de voyage classique. Bref, vous trimballer du poids supplémentaire… pour un moteur qui ne sert peu.
2) Une batterie encombrante
Le nerf de la guerre avec un vélo électrique, c’est la batterie. Et en voyage, elle devient vite une contrainte.
D’abord par son poids : entre 2 et 4 kilos qui s’ajoutent déjà au vélo plus lourd que la moyenne. C’est autant de place et de charge en plus à gérer dans vos sacoches. Certains cyclotouristes emportent même une seconde batterie, ce qui double le problème.

Lors d’une pause, c’est aussi un élément de plus à garder avec vous pour limiter les risques de vol. Super la visite du musée local avec votre batterie Bosch dans les mains !
C’est donc gros et lourd.
👉 Et le vrai souci, c’est que cette batterie vous rend dépendant… de l’électricité.
3) Une dépendance à l’électricité qui limite la liberté
En cyclotourisme, la magie vient souvent de la liberté : s’arrêter où l’on veut, prolonger une étape si le paysage est beau, ou improviser un bivouac. Avec un vélo électrique, cette spontanéité disparaît vite.
Chaque soir, il faut trouver une prise pour recharger la batterie. C’est simple si vous dormez à l’hôtel, mais beaucoup moins évident si vous voyagez léger, en camping ou en gîte rustique.
Et même quand une prise est disponible, il faut parfois négocier, attendre… ou renoncer à une étape improvisée.
Résultat : au lieu de décider en fonction de vos envies, vous adaptez vos journées à votre besoin de recharge. En voyage, ça change tout : vous n’êtes plus totalement libre.
👉 Et comme si ça ne suffisait pas, il y a aussi le risque des pannes électroniques…
4) Les pannes électroniques, un vrai risque en voyage
Un vélo mécanique, ça se répare presque partout : une crevaison, un câble de frein ou une chaîne qui saute, et vous pouvez régler le problème vous-même ou trouver de l’aide dans n’importe quel petit atelier.
Avec un vélo électrique, c’est une autre histoire. Si la batterie tombe en panne, si un capteur lâche ou si le moteur fait défaut, vous êtes bloqué. En ville, c’est facile, un bus pour finir le trajet, un réparateur pas trop loin, on trouve des solutions.

Mais en plein milieu de votre périple, impossible de bricoler au bord de la route : il faut passer par un atelier spécialisé, souvent loin des petites villes ou des zones rurales. Qui dit VAE, dit électronique avancée, avec analyse avec un logiciel dédié (Bosch, Shimano, Yamaha, chaque fabricant a son propre système).
En attendant, vous n’avez plus qu’une option : pousser un vélo de plus de 25 kg chargé de sacoches. Autant dire que l’aventure peut vite tourner court.
👉 Et ce poids, parlons-en justement.
5) Un poids et un encombrement difficiles à gérer
Un vélo électrique pèse déjà lourd à vide : souvent entre 20 et 25 kg. Ajoutez vos sacoches de voyage, et vous grimpez facilement à 35 ou 40 kg. C’est énorme quand il faut manipuler le vélo en dehors de la route.
Monter quelques marches, franchir une barrière, hisser le vélo dans un train ou un bus… tout devient une galère.
Les grandes et larges roues des VTTAE ont bien du mal à se glisser dans les supports prévus dans les trains, idem pour le guidon qui gêne tous les autres deux-roues.

Et si vous tombez sur un chemin boueux ou caillouteux, pousser un tel engin devient franchement épuisant.
À titre de comparaison, un vélo de randonnée classique tourne autour de 12 à 15 kg. Plus maniable, plus facile à transporter, et surtout moins stressant quand les conditions changent.
👉 Comme si le poids ne suffisait pas, il y a aussi la question de la sécurité.
6) Un vélo plus attirant pour les voleurs
Un vélo électrique, ça vaut cher… et les voleurs le savent. En voyage, c’est donc une source de stress permanente.
Pour limiter les risques, il faut investir dans des antivols plus lourds, penser à l’assurance, et chercher à chaque arrêt un endroit sécurisé. Même pour une simple pause café ou un arrêt à la boulangerie, on n’est jamais totalement serein.
À l’inverse, un vélo de randonnée classique attire beaucoup moins les convoitises. Vous pouvez voyager l’esprit plus tranquille, sans avoir à surveiller en permanence votre monture.
👉 Et malgré tout ça, le VAE vous coûte déjà beaucoup plus cher.
7) Un budget bien plus élevé pour un bénéfice limité
Voyager à vélo ne demande pas forcément un gros budget… sauf si vous choisissez un VAE.
Un vélo de cyclotourisme classique, solide et confortable, coûte généralement entre 300 et 1 500 €. Avec ça, vous êtes équipé pour des années de voyages.

En comparaison, un vélo électrique fiable démarre autour de 1 500 à 3 000 €.
Le prix moyen en France, pour un VAE neuf est juste en dessous des 2000€.
Et ce n’est pas tout : il faut ajouter une assurance (facultative), prévoir des frais d’entretien plus chers et potentiellement remplacer la batterie tous les 5 à 7 ans, pour un coût allant de 300 à 700 €.
Le problème, c’est que cet investissement n’apporte pas forcément grand-chose une fois sur la route : sur le plat, l’assistance est inutile, et dans les pentes, mieux vaut voyager léger qu’avec un vélo de 35 kilos.
👉 Et c’est là qu’arrive le vrai luxe du cyclotourisme : la légèreté.
Voyager léger, c’est voyager plus libre
Le cyclotourisme, ce n’est pas une course. C’est avant tout le plaisir de rouler à son rythme, de profiter des paysages, et d’apprécier la simplicité.
Avec un vélo « mécanique » ou « musculaire », vous êtes vraiment indépendant : pas de batterie à surveiller, pas de branchement à prévoir, pas de poids inutile à pousser.
C’est aussi bien plus pratique pour combiner le vélo avec d’autres moyens de transport. Dans un train, vous n’avez pas à vous battre avec un engin trop lourd. En avion, vous n’avez pas le problème des batteries lithium, souvent refusées par les compagnies.
En résumé, plus vous voyagez léger, plus vous voyagez libre.
Le vélo électrique est génial pour le quotidien, surtout en ville ou pour le vélotaf. Mais en voyage, il montre vite ses limites : trop lourd, trop contraignant, trop fragile.
À l’inverse, un vélo classique reste simple, fiable et facile à réparer partout. Il coûte moins cher, attire moins les voleurs et vous laisse toute la liberté qui fait la beauté du cyclotourisme.
Alors, avant de vous lancer sur la Loire à Vélo, la Vélodyssée ou l’EuroVelo, posez-vous la question : avez-vous vraiment besoin d’un moteur pour voyager… ou juste d’un bon vélo et d’un peu de curiosité ?